Vue générale (de nos jours)

Le génie du lieu

L’étang

Saintes demeures du silence,
Lieux pleins de charmes et d’attraits,
Par où, dans le sein de la paix,
Règne la grâce et l’innocence…

(Jean Racine, Le Paysage de Port-Royal,
1656, « Ode première »)

Un lieu où souffle l’Esprit…

Tout proche de Paris, Port-Royal, si éloquemment célébré par Racine lorsqu’il y fut élève, est un des plus beaux sites d’Île-de-France, un lieu où souffle l’esprit, un lieu de paix, de solitude et de silence, un lieu où s’instruire, rêver et méditer. Lieu de réflexion et de rêverie, le domaine des Granges est entouré d’un très beau parc de 10 ha, à l’orée de la Vallée de Chevreuse. Il domine les ruines de l’abbaye de Port-Royal, rasée sur l’ordre de Louis XIV en 1711. Mais le site demeure chargé d’histoire, en particulier grâce au Musée National des Granges de Port-Royal.

Vue générale (de nos jours)Le lieu bruisse encore du fracas de l’histoire, des invectives d’Arnauld, du crépitement de l’incendie qui dévora tout, tout sauf le souvenir de ce que fut ce lieu, de ce qu’ont été l’abbaye, les Granges, les Ecoles. L’esprit de Port-Royal, ce n’est en rien l’austérité froide ou la déploration ascétique: c’est plutôt le souci des pauvres, le refus du clinquant et du faux brillant, le goût des valeurs solides, et la passion de la vérité, fût-elle désagréable à entendre ou difficile à atteindre.

Port-Royal ne fut pas seulement le foyer d’une intense réflexion théologique: sa mémoire déborde de toutes parts les controverses sur le jansénisme. La pureté de la résistance à la tyrannie, l’affirmation des droits de l’intelligence et de la conscience ont contribué à la naissance d’un lumineux mythe de Port-Royal.Ce mythe est aussi, sinon avant tout, littéraire, et à plus d’un titre.
Vue générale (début XVIIIe)
D’abord parce que l’abbaye et ses alentours ont abrité des écrivains, des traducteurs et des hommes d’esprit. Le monastère des Champs a abrité une intense activité de défense et illustration de la foi catholique: oeuvres théologiques, biographiques, grandes traductions qui firent date, comme par exemple celle de la Bible. Parmi ces intellectuels, les plus marquants, dont les oeuvres restent pour nous majeures, sont Pascal et Racine, qui, sans Port-Royal, n’auraient pu être ce qu’ils sont devenus.

Mais aussi parce que la mémoire de Port-Royal a été illustrée et célébrée par de grands esprits qui, influencés par la légende, contribuèrent à leur tout à la développer. Stendhal, Sainte-Beuve ou Montherlant ont été les relais, les passeurs qui rendent si vivante aujourd’hui encore la mémoire de Port-Royal.
Vue depuis Vaumurier